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Réglementation

DPE E et location : un calendrier qui vous donne vos chantiers à l’avance

8 min de lecture · Guide LeadBolt

Façades d’immeubles d’habitation en ville

En résumé

La loi Climat et résilience interdit progressivement la location des logements les moins performants : classe G depuis le 1er janvier 2025, classe F au 1er janvier 2028, classe E au 1er janvier 2034. Un logement classé E est donc encore louable, mais sur un compte à rebours connu. Pour une entreprise de rénovation, ce calendrier a une valeur commerciale rare : il désigne à l’avance une population de propriétaires bailleurs qui devront faire des travaux, et la date à laquelle ils devront les avoir faits. L’interdiction s’applique aux nouveaux baux comme aux renouvellements et reconductions tacites.

Le DPE E n’est pas encore un problème pour les bailleurs. C’est exactement pour cette raison qu’il en est un pour vous : c’est le segment où la décision de travaux n’est pas encore prise, mais où elle est certaine.

Ce guide reprend le calendrier réglementaire et ce qu’une entreprise de rénovation peut en faire concrètement.

Le calendrier, sans approximation

La loi Climat et résilience du 22 août 2021 organise le retrait progressif du marché locatif des logements les plus énergivores :

  • 1er janvier 2025 — les logements classés G ne peuvent plus être loués ;
  • 1er janvier 2028 — les logements classés F les rejoignent ;
  • 1er janvier 2034 — les logements classés E deviennent à leur tour indécents.

L’interdiction ne frappe pas seulement les nouveaux baux : elle s’applique aussi au renouvellement et à la reconduction tacite des contrats en cours. Un bailleur qui garde le même locataire est donc rattrapé au premier renouvellement suivant l’échéance.

Un logement E consomme, dans l’échelle du diagnostic de performance énergétique, un niveau d’énergie qui le place au-dessus des passoires mais bien en dessous des standards attendus. Le classement combine la consommation d’énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre : c’est la plus mauvaise des deux qui décide.

Pourquoi c’est un gisement commercial, pas un sujet réglementaire

La plupart des contenus sur le DPE s’adressent au propriétaire et s’arrêtent au constat. Pour une entreprise, l’intérêt est ailleurs : ce calendrier est l’un des rares endroits du marché où l’on connaît à l’avance qui devra faire des travaux et quand.

Trois caractéristiques rendent ce segment intéressant :

  • La décision est contrainte, pas discrétionnaire. Un propriétaire occupant arbitre entre des travaux et des vacances. Un bailleur en E arbitre entre des travaux et la perte de son revenu locatif.
  • Le raisonnement est financier. On ne vend pas du confort à un bailleur, on lui vend la continuité de son loyer et la valeur de son bien. C’est un discours plus court et plus rationnel qu’en résidence principale.
  • Le panier est souvent multi-lots. Un bailleur qui possède un logement en E en possède fréquemment plusieurs, dans le même immeuble ou le même secteur.

Le contrepoint : MaPrimeRénov’ par geste vise la résidence principale du demandeur, ce qui exclut le bailleur classique. Son financement passe donc par les CEE, la TVA à 5,5 %, l’éco-PTZ, le déficit foncier et les dispositifs propres aux logements loués. C’est un montage différent, à connaître avant le rendez-vous.

Séjour d’appartement avec radiateur sous la fenêtre

Ce qui fait gagner des classes

Faire remonter un logement de E à D, voire à C, se joue presque toujours sur les mêmes postes :

  • L’enveloppe d’abord — combles, murs, planchers bas. C’est le meilleur rapport entre coût et gain de classe, et c’est le préalable technique à tout le reste. Voir les repères d’isolation de France Rénov’.
  • Le générateur ensuite — le remplacement d’un chauffage électrique ancien ou d’une chaudière fioul par une pompe à chaleur déplace fortement le curseur, en énergie primaire comme en émissions.
  • La ventilation et les menuiseries en accompagnement, rarement décisives seules, mais nécessaires à la cohérence de l’ensemble.

Le passage par un audit énergétique évite l’erreur classique : engager le poste le plus visible au lieu du plus déterminant. Sur un logement en E, une pompe à chaleur posée avant l’isolation donne un gain décevant et un client mécontent.

Ce que ça change sur la valeur du bien

L’effet du classement sur les prix n’est plus une hypothèse. Les travaux des notaires sur la valeur verte mesurent un écart de prix mesurable entre classes, à bien comparable. C’est un argument à manier avec précision plutôt qu’avec emphase : un bailleur qui hésite entre rénover et vendre entend mieux un ordre de grandeur documenté qu’une promesse de plus-value.

Comment travailler ce segment

Trois approches fonctionnent, par ordre d’effort croissant :

  • Les intermédiaires — agences de gestion locative, syndics, administrateurs de biens. Ils connaissent le parc, ils subissent le calendrier, et ils cherchent des entreprises fiables plutôt que les moins chères. C’est un canal lent à ouvrir mais durable.
  • Les copropriétés — quand le bâti est collectif, le gain de classe passe souvent par des travaux communs. Voir la rénovation globale en copropriété et ce que la loi Élan a changé.
  • La demande entrante — les propriétaires qui cherchent eux-mêmes une entreprise. C’est le canal le plus rapide à activer, et celui sur lequel nous travaillons : des demandes qualifiées livrées en temps réel à un seul professionnel.

L’échéance de 2028 pour les logements F est déjà dans les conversations. Celle de 2034 pour les E ne l’est pas encore : c’est précisément la fenêtre où l’on prend un marché sans le disputer.

Questions fréquentes

Un logement classé E peut-il encore être loué ?

Oui, jusqu’au 1er janvier 2034. À cette date, les logements classés E seront considérés comme indécents et ne pourront plus être proposés à la location, y compris lors du renouvellement ou de la reconduction tacite d’un bail en cours.

Quel est le calendrier complet d’interdiction de location ?

Classe G depuis le 1er janvier 2025, classe F à partir du 1er janvier 2028 et classe E à partir du 1er janvier 2034, en application de la loi Climat et résilience du 22 août 2021.

Un propriétaire bailleur peut-il obtenir MaPrimeRénov’ par geste ?

Le parcours par geste vise la résidence principale du demandeur, ce qui exclut le bailleur classique. Son financement repose plutôt sur les certificats d’économies d’énergie, la TVA à 5,5 %, l’éco-PTZ et le déficit foncier.

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